Roger Santini

« BRAQUAGE DE NEURONES ! TU MEURS ? » de Phil Marso - Ed Megacom-ik

Le 1er livre sur la prévention des dangers du téléphone portable pour les ados

Sortie le 6 février 2009 - Disponible en librairie - Communiqué de presse

Accueil Sondage sur le Mobilou

« L'électromagnétisme : un virus invisible qui grippe les maux de nos antennes relais  »

Roger Santini Docteur ès sciences et spécialiste de bioenvironnement électromagnétique met à l'étude les effets des antennes relais GSM auprès des habitants. L'Approche ne réjouit pas l'industrie de la téléphonie qui semble être en lévitation au dessus des lois de la réglementation européenne. Pourtant, la sagesse voudrait avoir du bon sens en matière de principe de précaution.

Phil Marso : Vous êtes chercheur à l'Institut Nationale des Sciences Appliquées cela consiste-t-il à trouver un défaut de fabrication ou de santé environnementale face à une nouvelle technologie ?

Roger Santini : Je travaille sur le Bioenvironnement électromagnétique, les risques biologiques et la radioprotection depuis plus de 20 ans. Cela me conduit à m’intéresser en particulier aux nouvelles technologies qui utilisent les radiations non ionisantes.

P.M : Le téléphone mobile existe depuis 1992-93 en France. Comment expliquez-vous que l'industrie du sans fil n'ait pas fait une étude épidémiologique dès la commercialisation de ce nouvel outil de communication ?

R.S. : Au regard de la connaissance que l’on avait en 1992-1993 des effets biologiques des micro-ondes, effets connus depuis plus de 40 ans, personne n’avait intérêt à initier une telle étude épidémiologique.

SANTINI3.jpg (46224 octets)

P.M : Vous vous êtes intéressé au téléphone portable après avoir eu un bourdonnement dans l'oreille suite à son utilisation ?

R.S. : Non, c’est mon domaine de recherche. Je me suis également intéressé aux effets biologiques du courant électrique alors que je ne vis pas à proximité d’une ligne à haute tension, ni au-dessus d’un transformateur électrique d’immeuble.

P.M : Une étude épidémiologique pour qu'elle soit crédible demande au minimum 1000 personnes comme pour un pannel représentatif à l'élaboration d'un sondage ?

R.S. : Pas nécessairement, des études prospectives ont été conduites avec moins de 1.000 personnes, par exemple celle de  : " L. HARDELL et coll. Use of cellular telephones and the risk for brain tumors : A case control study. Int. J. Oncol. 1999. 15 : 113-116. " - Total des sujets de cette étude : 634.

P.M : L'étude que vous venez de terminer s'intéresse aux pylônes relais GSM. Est-ce que votre premier critère était de comparer des sujets en zone urbaine et en zone rurale ?

R.S. : Non. Le but était de savoir si les symptômes exprimés par des riverains de stations relais pouvaient ou non être corrélés à des paramètres tels que la distance des antennes, la position des sujets par rapport à ces antennes, …

P.M : Une étude consiste-elle à faire remplir uniquement des questionnaires à des riverains proches d'antenne GSM ?

R.S. : C’est une façon d’aborder une étude prospective, qui a le mérite d’apporter des réponses pertinentes à une question de santé publique et d’ouvrir le débat.

P.M : Quel critère de distance au niveau de l'exposition des riverains face à un pylône relais GSM avez-vous déterminé ?

R.S. : Le nombre de plaintes exprimées est plus élevé à proximité des stations relais et décroît avec l’éloignement.

P.M : L'âge du riverain a-t-il été un critère déterminant dans le résultat de votre étude ?

R.S. : Non. L’âge est l’un des paramètres étudiés avec d’autres, tels que le sexe, la durée d’exposition, la position par rapport aux antennes, …

P.M : La femme est plus vulnérable face à la névrose. Constatez-vous le même phénomène face aux antennes GSM ?

R.S. : Oui. Pour quelques-uns des symptômes étudiés dans mon étude, les femmes apparaissent plus sensibles que les hommes.

P.M : Toute la difficulté de votre étude ne réside-t-elle pas sur l'inégalité de l'individu face à une exposition de l'électromagnétisme ?

R.S. : Dans toute population, la présence de sujets " électro-sensibles " conduit à l’inégalité de certains d’entre nous, face aux pollutions électromagnétiques. Il convient également de souligner une autre difficulté de ce genre d’études, celle de l’absence de sujets vraiment " non exposés " aux nuisances électromagnétiques, ce qui minimise l'importance des effets ou des différences observés.

P.M : Quand on fait une expérience sur des animaux à la morphologie différente au niveau de l'orbite de l'œil on constate des développements plus ou moins rapides de la catarate quand ils sont exposés à des rayons électromagnétiques. Vaut-il mieux avoir le look singe que lapin ?

R.S. : On peut effectivement introduire une notion de " morpho-sensibilité oculaire " (Cf. mon livre " Téléphones cellulaires. Danger ? Page 49 ") qui peut conduire à des effets oculaires plus ou moins intenses selon la morphologie de l’orbite des utilisateurs de téléphone portable. Selon les études réalisées, le " look singe " paraît préférable au " look lapin ". La tendance actuelle, qui consiste à utiliser l’écran d’un portable comme celui d’un ordinateur ou d’une télévision, risque de créer des problèmes oculaires liés à l’effet cataractogène des micro-ondes.

P.M : Vous avez constaté qu'un utilisateur de téléphone cellulaire a une vitesse de mémorisation plus importante. Faut-il être prudent sur une éventuelle transformation biologique de l'individu où s'en réjouir comme de la dernière version Intel Pentium ?

R.S. : Je ne pense pas que l’on puisse se réjouir de l’accélération de certaines performances cérébrales rapportées chez des utilisateurs de téléphone cellulaire.

P.M : Le kit main libre pour l'utilisation d'un téléphone cellulaire peut-il atténuer selon vous les maux de têtes et sous quelles conditions ?

R.S. : L’étude de S.E. CHIA et coll. (Prevalence of headache among handheld cellular telephone users in Singapore : A Community study. Environ. Health Perspect. 2000. 108 : 1059-1062) rapporte une réduction de 20 % des maux de tête chez les sujets utilisant un kit main libre.

P.M : On commence à suspecter une baisse de la mélotonine chez un individu exposé près d'une ligne de haute tension, d'une antenne GSM. Pouvez-vous m'expliquer le rôle de la mélotonine dans le corps humain ?

R.S. : La mélatonine, hormone sécrétée par la glande pinéale, est impliquée dans de nombreuses fonctions physiologiques chez l’homme et l’animal : régulation des processus chrono-biologiques, facilitation du sommeil, rôle anti-épileptique, anti-radicaux libres et anti-tumoral.

P.M : La génération 2000 au niveau des enfants sera amenée à être exposée dès le plus jeune âge à l'électromagnétisme via ordinateur sans fil, portable etc… Est-ce de la science fiction d'imaginer que ces enfants produiront des anti-corps face à cette agression technologique ?

R.S. : Je ne pense pas que les personnes électro-sensibles pourront s’habituer à " l’électrosmog ". Le cas des personnes chimio-sensibles ne plaide pas en faveur d’une telle accoutumance.

P.M : Pensez-vous qu'une étude encore plus fiable aurait été de comparer le déclenchement des maux du riverain en fonction de l'installation des trois opérateurs SFR, Bouygues Telecom, Orange ?

R.S : Je ne le pense pas car les fréquences utilisées par les différents opérateurs, sont très proches et se retrouvent souvent sur un même site de stations relais.

SANTINI2.jpg (6681 octets)

P.M : Les opérateurs mettent en avant que les riverains déclenchent leur maux psychologiquement alors que l'antenne GSM n'est pas en service. Avez-vous rencontré ce cas de figure dans votre étude ?

R.S. : Dans mon étude, trop peu de sujets ont signalé que les antennes n’étaient pas en service au moment où ils ont rempli leur questionnaire, pour pouvoir étudier correctement cette éventualité.

P.M : Si l'on pousse le cynisme des opérateurs, il faudrait absolument planquer les antennes GSM sur les toits pour éviter le stress psychologique des riverains. Qu'en pensez-vous ?

R.S. : Ce type d’antennes cachées existe déjà, mais l’étude sur le stress psychologique des riverains qu’elles sont susceptibles d’éviter, n’est toujours pas faite.

P.M : Vous préconisez de faire baisser les puissances d'émission des stations relais à une valeur inférieur à 1 V/m, mais cela conduirait à l’usure plus rapide des batteries des téléphones portables ! Les opérateurs n'ont plus qu'à inventer le portable à énergie solaire, alors ?

R.S. : Pourquoi pas ?

P.M : Un article paru dans le Canard enchainé du 28 novembre expliquait la publication éminente de votre étude sur les effets d'une exposition aux antennes relais GSM. Bouygues Télécom vous aurait accusé de vous servir du double en-tête de l'INSA et l'INSEM pour informer la presse. Pouvez-vous me relater cette épisode rocambolesque ?

R.S. : Des propos sans fondement, orchestrés en particulier par un employé d’un opérateur de téléphonie mobile et par un employé de la Direction Générale de la Santé, ont voulu faire croire que j’avais " volé " le papier à lettre officiel du Laboratoire, dont je fais partie. Ce délire " abracadabrantesque " est grave dans la mesure où il fait apparaître un lien entre un organisme de santé public et une entreprise commerciale. Un Député et un journaliste ont même fait écho à ces " galéjades " dans leur livre. Le but recherché était de déstabiliser un chercheur gênant par ses écrits, ses propos et par son indépendance des groupes de pression. De tels agissements conduisent à des affaires navrantes comme l’amiante, le sang contaminé, la vache folle et récemment, aux pressions inadmissibles exercées sur un chercheur spécialiste du sel.

P.M : La réaction de Bouygues Télécom n'est-elle pas conditionnée selon vous à l'approche de noël, période fastieuse pour vendre des portables ou peut-être un retard sur l'implantation des pylônes relais face à ses concurrents ?

R.S. : Je n’ai pas à commenter la politique commerciale d’un opérateur de téléphonie mobile.

P.M : La rumeur prétend que l'on vous aurait coupé les crédits. Alors, vous n'êtes plus abonné aux études ?

R.S. : On ne peut pas " couper mes crédits ", car il n’y a pas de ligne budgétaire officielle sur le Bioenvironnement électromagnétique au sein de l’établissement où je travaille. Je suis toujours " abonné aux études " et d’autres publications vont paraître.

P.M : En définitive, va-t-on avoir connaissance de votre étude sur les pylônes relais GSM ?

R.S. : Mes résultats ont été publiés : " R. SANTINI et coll. Symptômes exprimés par des riverains de stations relais de téléphonie mobile. La Presse Médicale. 2001. 30 : 1594. ".

P.M : Quelles sont les conclusions symptômatiques qui apparaissent dans votre étude ?

R.S. : Certains des symptômes étudiés disparaissent rapidement avec l’éloignement des stations relais, alors que d’autres s’expriment à des distances importantes de ces stations.

P.M : Le 6 février 2002 c'est la St Gaston et journée planétaire sans téléphone portable. (Gaston y-a téléfon qui son, person y répond). Qu'est-que cela vous inspire ?

R.S. : L’utilisation du portable doit se faire à " dose homéopathique " en cas de besoin urgent et uniquement à l’extérieur. C’est ainsi que les résultats du rapport COMOBIO (site Internet : http://www-sig.enst.fr/comobio) soulignent chez l’animal l’existence de perturbations graves du cerveau qui affectent en particulier la barrière hémato-encéphalique et des neurotransmetteurs importants du fonctionnement cérébral (GABA, Dopamine, Glutamate), … L’autorisation de mise sur le marché (AMM ou visa) serait très certainement refusée à une molécule thérapeutique nouvelle qui aurait de tels effets.

P.M : Lors de cette journée, le message de prévention suivant sera mis en avant : "Moins de 2 minutes avec mon mobilou (Téléphone portable), c'est sans prise de tête pour mes neurones ". Qu'en pensez-vous ?

R.S. : Votre message de prévention me convient, car le temps d’utilisation inférieur à 2 minutes est en accord avec les résultats que j’ai publiés suite à une enquête sur des utilisateurs de téléphone portable : " R. SANTINI et coll. Symptômes rapportés par des utilisateurs de téléphones mobiles cellulaires. Pathol. Biol. 2001. 49 : 222-226 ". " R. SANTINI et al. Symptoms experienced by users of digital cellular phones : A study of a french engineering school. Electro and Magnetobiology. 2002. Sous presse ".

Propos recueillis par Phil Marso - Le 30 janvier 2002

Bibliographie de Roger santini

Guide pratique européen des pollutions électromagnétiques de l'environnement (Collection Resurgence - 2000)

Notre santé face aux champs électriques et magnétiques des faits scientifiques aux conseils pratiques (Ed.Sully - 1995)

Téléphone mobiles cellulaire danger ? (Ed.Pietteur - 1999)

© MEGACOM-IK & Phil Marso / 2007 - . Si vous détectez des fautes d'orthographes dans cette interview, veuillez prévenir l'auteur Phil Marso. Merci d'avance ! - Lire d'autres interviews.

 
mesure d'audience