Teslabel

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Sortie le 6 février 2009 - Disponible en librairie - Communiqué de presse

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« T'as de beaux champs électromagnétiques troubles, tu sais ? »

Mobilou.com traverse la frontière pour voir si chez nos voisins belges les antennes GSM font la part belle aux opérateurs. Jean Delcoigne, le porte-parole de l'association Teslabel se préoccupe du trouble essentiel : le champ électromagnétique.

Contrairement aux associations en France, Teslabel ne s'attaque pas uniquement aux pylônes relais GSM. Selon-vous le principe de précaution de santé doit s'appliquer à toutes technologies utilisant des champs électromagnétiques ?

Jean Delcoigne : L'association TESLABEL Coordination lors de sa création en 1995, s'occupait principalement des problèmes concernant les lignes à Haute Tension et s'est définie dès l'origine comme une association de Défense et de Réflexion sur la problématique des champs électromagnétiques. Le nom de TESLABEL résulte du mot "Tesla", unité de mesure du champ magnétique utilisée principalement pour le courant électrique 50Hz, et du suffixe "Bel" pour Belgique. Une association "TESLA France" existe à la frontière belgo-luxembourgeoise. Notre association se préoccupe des nuisances potentielles des champs électrique et magnétique du courant électrique (fréquence de 50Hz) de même que des nuisances dues aux radiations en radio-fréquence (RF) et micro-ondes.

Le courant passe-t-il encore moins avec la nouvelle technologie GSM ?

J.D. : Le problème des antennes GSM est apparu après celui des lignes à Haute Tension; il est aujourd'hui prépondérant étant donné la multiplication des installations au milieu de l'habitat et les conséquences néfastes sur la qualité de vie d'un nombre de plus en plus grand de citoyens.Nous revendiquons l'application du Principe de Précaution pour la protection de la santé et de la qualité de vie face aux nuisances des radiations électromagnétiques et nous demandons qu'on limite à la valeur d'intensité la plus faible l'exposition permanente de la population.

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Les champs électromagnétiques englobent les émetteurs Radio & Tv (par voie hertzienne), les pylônes GSM, les pylônes électriques, l'ordinateur, le micro-onde, le téléphone mobile. Selon-vous lequel s'avère le plus nocif pour l'homme ?

J.D. : Il faut encore y ajouter les radars civils et militaires et tout équipement de transmission hertzienne à très haute fréquence. Ce qui est potentiellement nocif pour l'homme et pour la plupart de ses systèmes biologiques, c'est le fait d'être exposé à des radiations électromagnétiques, même de faible intensité, pendant de longues périodes ou de manière permanente. Dès lors, l'utilisation intensive du téléphone mobile pourrait s'avérer être la plus nocive, étant donné la proximité de l'antenne d'émission par rapport à la tête et au cerveau. L'exposition permanente aux rayonnements d'antennes émettrices GSM, mais aussi d'émetteurs TV et radio, peut également présenter des nuisances à court terme pour les personnes plus sensibles et à long terme, il peut y avoir des risques pour la santé. Il faut donc réduire le plus possible l'intensité d'exposition, principalement en établissant une distance suffisante entre les lieux de séjour et d'habitat et la source d'émission.

Pensez-vous que l'alibi des compagnies d'électricités et des opérateurs GSM est : le citoyen ne peut se passer de notre technologie pour améliorer son confort ? Alors ce qui est bon pour lui n'a aucune raison d'être mise en doute par ses effets secondaires ?

J.D. : Pour que le progrès et les nouvelles technologies puissent continuer à améliorer le confort des hommes et de préférence de tous les hommes et pour que leur développement soit durable, il est indispensable de développer ces nouvelles techniques de manière à éviter au maximum les nuisances potentielles pour la santé et pour la qualité de vie. Les effets biologiques et les effets délétères résultant d'une exposition aux rayonnements électromagnétiques sont suffisamment connus, y compris par l'industrie de l'électricité et des télécommunications, pour que le citoyen exige leur prise en compte dans la mise en application des technologies concernées. L'alibi utilisé par l'industrie est d'affirmer qu'il n'y a pas de preuve ou pas de preuve suffisante d'effets nocifs pour la santé; c'est un prétexte utilisé pour éviter les coûts supplémentaires qu'entraîneraient les mesures nécessaires à une bonne protection de la qualité de vie et de la santé.

Est-ce que le gouvernement belge a établi une réglementation stricte concernant l'installation des pylônes relais ?

J.D. : Le 22 décembre 2000, le Gouvernement fédéral belge a adopté un Arrêté Royal (AR) en application d'une loi votée en 1985, concernant la protection contre les nuisances des radiations non ionisantes. Cet AR, publié au Moniteur belge le 22 mai 2001, fixe une limite d'exposition de la population aux rayonnements en hautes fréquences dont ceux d'antennes GSM, à la valeur de 20,6V/m (volt par mètre), ce qui correspond à une densité de puissance de 1,125W/m² (watts par mètre carré), limite valable pour la fréquence d'émission de 900MHz (Mégahertz).

Qui a recommandé cette limite ?

J.D. : Cette limite correspond aux recommandations de l'ICNIRP, reprises par l'OMS, valables pour les seuls effets thermiques, et dont le niveau d'intensité a été divisé par 4, ce qui serait, selon l'affirmation de la Ministre de la Santé publique, Madame Aelvoet, l'application du principe de précaution. En fait, il n'en est rien, car un tel niveau d'exposition ne tient aucun compte des effets non thermiques à long terme ni des effets à court terme sur la qualité de vie. Cette limite permet tout simplement d'autoriser l'installation d'une antenne puissante à une distance d'un peu plus de 8 mètres et face à votre living!! Nous pensons que le corps humain et particulièrement son système nerveux ne pourrait pas résister à un tel niveau d'exposition permanente.

Avez-vous entamé une action pour dénoncer cette abération ?

J.D. : TESLABEL Coordination a introduit un recours devant le Conseil d'Etat demandant l'annulation de cet Arrêté Royal.D'autre part, en mai 2000, le Ministre de l'Environnement du gouvernement de la Région Wallonne a fait adopter un "code de bonne conduite" pour l'installation des antennes GSM en Wallonie. Ce "règlement" impose une limite de 3V/m (volt par m) à respecter pour l'exposition des populations aux rayonnements d'antennes GSM. Le Ministre de l'Environnement de la Région de Bruxelles-Capitale avait aussi préparé une réglementation adoptant la même limite d'exposition. Ce règlement n'a pas été adopté pour l'instant, à cause des décisions prises en décembre. TESLABEL Coordination a fait la critique de cette limite de 3V/m qui est insuffisante pour protéger la santé et la qualité de vie des habitants à proximité d'antennes. Voir à ce sujet sur Internet notre dossier "Normes GSM".

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L'opérateur ne brouille-t-il pas les pistes en installant des émetteurs GSM (Entrant-sortant) à plus ou moins forte puissance ?

J.D. : En principe, les opérateurs installent les émetteurs GSM et les antennes de manière à permettre une réception convenable des communications à l'intérieur du périmètre de la cellule desservie par l'antenne dans leur réseau cellulaire. Les caractéristiques techniques des stations de base et surtout des antennes ne sont pas toujours communiquées, à savoir notamment le nombre d'émetteurs injectés à l'antenne, le coefficient d'amplification ou gain de l'antenne. La puissance apparente d'émission de l'antenne dépend du nombre d'émetteurs utilisés et du gain de l'antenne, le nombre d'émetteurs dépendant du nombre de communications simultanées à traiter. Il faut savoir également qu'un des objectifs des opérateurs est d'atteindre les portables jusque dans les sous-sols d'immeubles en béton; pour cela, ils sont amenés à utiliser des antennes plus puissantes, alors qu'il existe d'autres techniques qui permettraient de recevoir si nécessaire, les communications dans ces endroits plus difficilement accessibles aux ondes, mais il y a évidemment une question de coût supplémentaire!!

En France, la réglementation qui se prépare ne prend pas en compte les mesures de basse fréquence qui selon les scientifiques peuvent avoir des effets nocifs pour la santé. Est-ce que vous êtes confronté au même problème ?

J.D. : Je crois comprendre qu'en France on prépare une réglementation qui ne prendra en compte que les effets thermiques qui se produisent à une forte intensité d'exposition et pour lesquels des recommandations de limite d'exposition sont faites par l'ICNIRP et reprises par l'OMS. Ces limites recommandées ne prennent en compte que les effets nocifs avérés et bien connus et ne concernent en aucune manière les effets nocifs potentiels à long terme, ni les effets sur la qualité de vie des gens exposés en permanence à des intensités plus faibles. Selon nos informations, un Décret du Gouvernement français aurait été adopté en octobre, ne retenant que les limites de l'ICNIRP (effets thermiques); nous attendons confirmation de cette information.

Le gouvernement belge a-t-il été plus audacieux ?

J.D. : Il a adopté des limites plus basses qui ne prennent cependant pas en compte les effets non thermiques (voir réponse à la question 4). D'autre part, votre question utilise le terme "basse fréquence", ce qui peut être une référence au fait que les ondes GSM sont des ondes en hyperfréquence (900 ou 1800MHZ), pulsées en extrêmement basse fréquence, ce qui a pour résultat d'ajouter les influences des rayonnements de basses fréquences à celles des hyperfréquences ou micro-ondes. Des scientifiques dont le professeur G. Hyland, ont étudié ces problèmes d'influence des composantes basses fréquences des ondes GSM notamment sur les ondes cérébrales. Il semble que les ondes pulsées de type GSM et aussi radar, pourraient être plus nocives que les ondes en hyperfréquences non pulsées comme les ondes TV et radio.

Est-ce que les maires en Belgique prennent des décisions pour freiner la prolifération des antennes GSM ?

J.D. : En Belgique, quelques bourgmestres (maires) ont imposé des distances de protection importantes entre les antennes et l'habitat, pour appliquer le Principe de Précaution, agissant ainsi dans le cadre de leur responsabilité de garantir la salubrité publique et la protection de leurs citoyens. Mais, les cas sont beaucoup trop peu nombreux.

En France, l'opérateur n'est pas obligé de faire une demande d'installation auprès de la mairie si l'antenne fait moins de 4 m de hauteur. Rencontrez-vous cette même aberration en Belgique ?

J.D. : En Belgique, les opérateurs doivent introduire auprès des communes, une demande de permis d'urbanisme (permis de bâtir), en principe dans tous les cas. Le Collège des Bourgmestre et Echevins doit remettre un avis et le permis est accordé au niveau de la Région.

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En France, les associations, les mairies s'attellent à vouloir protéger les établissements scolaires, les hôpitaux des pylônes GSM. Teslabel est-elle sur la même longueur d'onde où pousse-t-elle son programme de revendication à aller encore plus loin ?

J.D. : Des enfants, des personnes âgées, des gens plus sensibles et des personnes électrosensibles vivent dans l'habitat normal, maison ou appartement et il n'y a aucune raison pour ne pas en tenir compte. TESLABEL Coordination recommande d'installer les antennes émettrices en dehors de l'habitat si cela est possible, et de réduire à la valeur la plus faible l'intensité d'exposition de la population. Nous considérons qu'en zone rurale, il ne doit y avoir aucun problème pour installer les antennes à l'écart de l'habitat. En zone urbaine, il faut agir sur les deux facteurs susceptibles de diminuer l'intensité d'exposition dans l'habitat, la distance et la puissance des antennes émettrices.

En Belgique il existe trois opérateurs : Mobistar, Proximus et Orange. Lequel d'entre eux est plus à votre écoute ?

J.D. : Nous avons rencontré les trois opérateurs lors de débats ou de conférences sur le sujet. Ils sont tous trois sur la même longueur d'onde pour affirmer qu'il n'y a pas de preuve suffisante de risques pour la santé pour prendre des mesures de protection, et pour minimiser les constats d'études scientifiques.

Est-ce que Teslabel a constitué un département juridique pour venir en aide à des particuliers qui sont confrontés aux nuisances des pylônes GSM ?

J.D. : Nous n'avons pas de département juridique pour l'instant, mais nous sommes en contact avec plusieurs avocats spécialisés en matières environnementales.

Pouvez-vous me donner un exemple de procédure qui a aboutit au démontage d'un pylône relais en Belgique ?

J.D. : Il y a quelques cas où une procédure judiciaire a abouti à un jugement ordonnant le démontage d'antennes GSM. Il y a d'autre part, un certain nombre d'Arrêts du Conseil d'Etat qui ont suspendu ou annulé un permis d'urbanisme, se basant notamment sur le Principe de Précaution. Nous pensons que les citoyens hésitent encore beaucoup à s'adresser à la justice, car les coûts sont relativement importants.

Teslabel n'envisage-t-elle donc pas de démonter un pylône relais afin de faire réagir l'opinion publique?

J.D. : TESLABEL n'a pas d'équipe de choc comme Greenpeace! Selon une information qui nous a été communiquée, il y aurait eu en France un ou plusieurs cas de sabotage d'antennes que les auteurs auraient signalés eux-mêmes à la police. Et pour éviter le bruit médiatique d'une action en justice, il n'y aurait pas eu de plainte déposée par l'opérateur! Serait-ce vrai ?

Avez-vous des contacts avec des associations européennes, notamment en France afin de réunir vos forces pour exiger une réglementation plus stricte dans toute l'Europe ?

J.D. : TESLABEL Coordination a des contacts avec plusieurs associations, en Autriche, au Luxembourg et en France avec notamment l'association PRIARTEM. Ces contacts vont sans aucun doute s'intensifier, car le moment est venu de réunir les citoyens au niveau de l'Europe, dans ce combat pour la protection de leur santé et de leur qualité de vie et pour que les nouvelles technologies se développent de manière durable. Une coordination européenne nous paraît indispensable.

Est-ce que Teslabel relayera la "Journée planétaire sans téléphone mobile" ayant pour thème "Mobilisons la prévention" ?

J.D. : TESLABEL relayera sans aucun doute cette journée et surtout son thème que nous préférerions appeler "Mobilisons la Précaution".

Propos recueillis par Phil Marso - 26 novembre 2001

© MEGACOM-IK & Phil Marso / 2007 - . Si vous détectez des fautes d'orthographes dans cette interview, veuillez prévenir l'auteur Phil Marso.Merci d'avance ! - Lire d'autres interviews.

 
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